Quelqu’un dont il faut que je parle…

Après avoir parcouru l’oeuvre de deux écrivains, il est temps de changer de un peu de média et de passer au cinéma. Et quand on parle de films, ces dernières années, j’ai une obsession, un réalisateur dont je parle plus que les autres (désolé les Coen, désolé Del Toro, désolé Miller, j’adore votre travail mais je ne parle pas de vous), c’est Alex De La Iglesia. Il a une place et une patte réellement unique. Sans cesse, c’est vers lui que je reviens. Sans cesse, c’est lui que j’évoque. Et si j’ai plusieurs fois cité son nom par ici, je ne me suis jamais vraiment attardé. Il n’est que temps de remédier à cela en revenant sur ce que j’ai vu de lui.

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Et par quoi attaquer si ce n’est le film qui a été pour moi une véritable révélation lorsque je l’ai vu au cinéma. Mon premier De La Iglesia, celui qui m’a plongé dans l’univers de cet individu : Les Sorcières de Zugarramurdi, ce pur petit bijou.

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Donc un jour de janvier 2014, j’avais tanné mes camarades de cinéma habituels pour aller voir ce film à l’affiche aussi intrigante que les critiques que j’en avais lu. Et quelle baffe ! Une qualité de réalisation hallucinante avec de véritables trouvailles (la scène de la grotte est juste une de mes scènes favorites tout film confondus). Un casting aux petits oignons d’acteurs talentueux avec de vrais tronches. Et ce scénario,… Mêlant avec brio les genres, passant de l’un à l’autre et jouant avec les codes. Sans hésiter mon film préféré de 2014 et toujours une merveille six ans plus tard.

A partir de là, j’ai plongé dans l’oeuvre de Alex de la Iglesia, regardant ses films dès que possible. Pour la suite de cet article, je vais reprendre par ordre chronologique de sortie au cinéma.

Enchaînons donc sur Le Jour de la bête, presque vingt ans plus tôt. Le film de la révélation et de la consécration pour Alex de la Iglesia. Encore un excellent film hybride qui voit un prêtre s’engager à la poursuite de l’antéchrist avec l’aide d’un métaleux et d’un présentateur télé. Tout le talent du réalisateur est déjà là, y compris dans la direction d’acteur et son hallucinante excessivité.

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De la Iglesia enchaîne ensuite avec Perdida Durango, un road movie sanglant dans le Mexique portée par Rosie Perez et Javier Bardem. Celui-là m’a laissé de marbre et je ne m’étendrais pas dessus, préférant directement enchaîner sur Mort de Rire, une excellente comédie grinçante portant sur deux comiques partenaires à l’écran qui se détestent et vont sombrer. Comme dans tous les films évoqués jusque là, on sent une véritable montée en puissance et en folie, que cela soit dans le rythme du film ou dans ce qui s’y passe.

Film suivant, Mes chers voisins. Du De la Iglesia classique dans un huis clos où une agente immobilière s’engage dans une lutte à mort pour un magot contre les habitants d’un immeuble. Totalement dans le moule du réalisateur, on retrouve avec plaisir tout ce qu’il fait si bien sans trop de nouveautés à se mettre sous la dent.

800 balles ensuite nous emmène dans le désert espagnol où un jeune fugueur part à la recherche de ses origines dans un village de cascadeur de cinéma qui ne tournent plus et se contentent de spectacles pour de trop rares touristes. Un de mes De la Iglesia préféré, un de mes westerns préférés et une excellente porte d’entrée vers ce réalisateur.

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Nouveau changement de genre ensuite avec Un crime farpait, un mélange entre comédie et thriller dans un grand magasin espagnol. Son film le plus drôle à mon sens sans perdre ses autres qualités.

Un petit tour à la télévision avec La Chambre du fils, un téléfilm horrifique des plus classiques. Agréable mais dispensable.

Et là,… Et là,… De La Iglesia ressort d’Espagne avec un gros budget, des acteurs internationaux (Elijah Wood + John Hurt, ça se pose là quand même),… Et c’est le flop. Crime à Oxford puisque c’est son nom. Très bien filmé, très bien joué, on retrouve les obsessions du réalisateur. Mais ça ne se tient pas. Le scénario pourrait être bon mais on sent qu’il manque des chose. Et l’absence de l’humour habituel est clairement un autre gros handicap.

Retour au pays ensuite pour Balada Trista. Un nouveau chef d’oeuvre et probablement son meilleur film. Un film de vengeance dont l’action se déroule sur quarante ans d’histoire espagnole, le tout extrêmement imbriqué. Visuellement c’est parfait, plein de scènes et images marquantes. C’est juste brillant.

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Son film suivant redescend en ambition. En effet, Un jour de chance, c’est l’histoire d’un homme qui a un grave accident et, alors que sa vie est toujours en danger se voit devenir le sujet numéro 1 des médias. Le cadre est beaucoup plus resserré, tout est finalement assez simple. Mais il nous propose ainsi une très bonne critique de la société d’information.

Viennent ensuite Les Sorcières de Zugarramurdi puis Mi gran noche (que je n’ai pas vu) et finalement El Bar,  un nouveau huis clos resserré naviguant entre le vaudeville, l’horreur légère et le thriller. Encore quelque chose de finalement assez simple mais du bon boulot.

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Voilà, si je devais résumer De La Iglesia en quelques mots :

  • Une image extrêmement travaillée avec de très beaux plans
  • Des castings irréprochables avec une très bonne direction d’acteur.
  • De l’humour. Généralement bien noir.
  • Un savoureux mélange des genres et, justement, un évident amour du cinéma de Genre.
  • Du WTF et de l’excessif

Bref, matez ses films. Vraiment.

Au passage, je ne peux que vous conseiller la lecture de l’excellent livre d’entretien qui lui est consacré : Álex de la Iglesia. La passion de tourner. C’est extrêmement fouillé, très complet et bourré de réflexion sur ses références et ce qu’il se passe dans son cinéma.

Quelqu’un dont il faut que je parle…

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Je croyais que j’allais manquer de matière mais j’ai ce qu’il faut en fait. C’est donc parti :

  • Livre/Libertalia : non, je ne parle pas de l’éditeur. Enfin si. Mais ils ont publié un bouquin qui s’appelle comme eux. Alors forcément… Bref, Libertalia, édité par les éditions Libertalia (et parmi les livres gratuits de confinement). Une chouette histoire de pirate qui raconte l’histoire du capitaine Mission qui aurait fondé cette légendaire utopie forbane. Ecrit par Daniel Defoe (à part Robinson, je n’avais jamais lu ces écrits). Une excellent lecture alors que les bonnes histoires de pirates se font trop rare (on y reviendra à ça).
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j’aime bien le beau travail éditorial et chez Libertalia, ya pas à dire mais ils savent y faire…
  • Livre/10 questions sur l’anarchisme : toujours un livre de chez Libertalia. Mais lu en bois-mort celui-ci. Le mouvement anar, on en sait quoi? Pas grand chose je dois dire. Des clichés, quelques menus éléments historiques (et encore),… C’est bien maigre tout ça. Et j’avais envie et besoin d’une petite mise au point. Je dois dire que ce petit ouvrage, écrit pour ça, est une porte d’entrée idéale, revenant sur l’histoire du mouvement, sur les courants qui l’agite, sur ses structures et sur son idéologie. Vraiment passionnant.
  • Jeu de rôle/Sortir de l’auberge : la référence au niveau publication théorique sur le jdr. J’ai depuis une éternité Jouer avec l’histoire (depuis sa sortie, et en version signée s’il vous plait !) et un moment Mener des parties de jeu de rôle. D’ailleurs, je reviens sans relâche vers ce dernier qui est une véritable bible. Jouer des parties de jeu de rôle, fallait que je l’achète depuis un moment et j’ai profité de la sortie de leur dernier né pour faire d’une pierre deux coups. Je m’en servirais moins souvent étant essentiellement meneur mais c’est encore un sacré succès. Quand à ce dernier, La Boîte à outils du meneur de jeu, il s’agit d’un bon complément à Mener des parties de jeu de rôle et ce que j’en ai lu jusque là me convainc tout à fait. Du must-have, tout simplement !
  • Jeu de rôle/Green Dawn Mall : j’en parlais il y a peu mais j’ai reçu ma version arbre mort de ce jeu de rôle où l’on joue des ados lâchés dans un terrifiant centre commercial et je suis toujours aussi conquis.

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  • Jeu de rôle/Je ne connais pas la moitié d’entre vous… : rattrapage des jeux de rôle gratuits du confinement. Où l’on joue les invités à la fête d’anniversaire d’un hobbit de la Comté. Le principe est bien cool et rigolo. Le résultat semble bien être à la hauteur. N’hésitez pas à vous jeter sur cet OVNI.
  • jeu vidéo/Mortal Glory : on joue une écurie de gladiateur med-fan qui enchaîne les combats. Pour ce faire, on manage notre équipe, les recrutant, les équipant et les entraînant puis on s’occupe des affrontements. Un bon petit jeu sympa qui passe bien le temps.

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  • Jeu de rôle/concours d’écriture de scénario : encore un projet qui va me prendre un temps fou ! Et j’attaques avec deux mois de retard. Il m’en reste donc deux pour écrire un scénario de cinq à huit pages sur la thématique « Mettez en avant une légende locale autour des créatures de la nuit. Vampire, Loup-Garou, Fantôme, Sorcière, Mort-Vivant ou encore Chasseur de monstres, plongez les joueurs au cœur de la Légende !« . J’ai mon idée de départ et mon cadre. J’ai quelques sources à aller explorer. Va falloir se mettre à la recherche maintenant et cadrer tout ça.
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