L’empire Twilight

Non, je ne suis pas ici pour parler de cette série de bouquin ni des films (je n’ai vu ni lu aucun des deux et lorsqu’on a tenté de m’entraîné voir ces vampires au cinéma, j’ai fini avec grand plaisir devant Bienvenue à Zombiland). Non. Je suis ici pour parler de Twilight Imperium, cette dangereuse drogue ludique que j’avais présenté il y a peu. Et le confinement ne m’empêche pas d’avoir ma dose vu que TI est accessible sur Tabletop Simulator.

Je suis loin d’être un expert de ce jeu du haut de mes deux parties et demi (la dernière étant encore en cours) mais je me suis fait quelques réflexions sur ma façon d’aborder TI et d’y jouer et j’avais envie de les partager. Et je me dis que cela pourrait être utile à de futurs joueurs. N’attendez donc rien de particulièrement novateur ni poussé mais de bonnes bases.

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Quelques éléments sans aucun points techniques :

  • Il y a pour moi différentes façon de jouer à ce jeu et ces éléments sont à prendre en compte :
    • Nombre de joueurs qui joue sur le nombre de cartes stratégies que tout le monde aura et le nombre total qui seront joués :
      • 3 : 2 cartes par joueurs, 2 ne seront pas jouées. Il faut tenir compte de la wheel quand on choisit la première et envisager les combos.
      • 4 : on va utiliser toutes les cartes, chacun en aura deux. Il faut tenir compte des wheels et être le dernier à choisir (et dans une moindre mesure l’avant dernier) est un énorme handicap vu qu’on va se retrouver avec une carte par défaut.
      • 5-6 : une carte chacun, pas de wheel à prévoir, deux ou trois cartes ne seront pas jouées.
    • Comment on fait la diplomatie? Tous à table et on entend tout ou via internet avec accès à des canaux privés. D’ailleurs, lorsqu’on joue ainsi, il ne faut pas hésiter à en abuser et je trouve que cela change totalement le jeu (et le rend encore plus fun).
  • Vous ne ferez pas de partie parfaite. Il y a beaucoup trop d’éléments à prendre en compte et vous ferez tous des erreurs. Et vos adversaires aussi. A vous de repérer celles des autres et atténuer les votre en adaptant votre jeu.
  • La partie ne peut pas être perdue ni gagnée dans les tout premiers tours sauf à vous faire raser et conquérir (mais dans ce cas, il faut changer d’adversaires). Même en faisant de grosses erreurs, il y a moyen de revenir. La partie est extrêmement longue et possible à retourner. Il ne faut jamais abandonner et surtout ne jamais tilter. C’est ainsi que tu perds la parti rattrapable. Pour remonter, il n’y a pas de grands secrets : la diplomatie de la pitié et jouer la carte des alliances encore plus intensément que d’habitude.
  • Sans alliances, pas de Twilight Imperium. Les négociations, accords et coups de poignards dans le dos doivent être au coeur du jeu. Il faut vraiment forcer là-dessus et ne jamais considérer une alliance ou une inimité comme définitive. Se bloquer sur un allié ou un ennemi, c’est une grosse erreur.
  • Faire avec ce qu’on vous donne. Il y a énormément d’aléa dans le jeu et de choses à anticiper sachant que vous avez plusieurs adversaires qui font de même et rendent les choses encore plus chaotiques. Le gagnant sera celui qui arrivera optimiser tout ça. Du coup :
    • Prévoyez plusieurs plans et coups à l’avance
    • Soyez imprévisibles et variez vos plans de jeu
    • N’hésitez pas à abandonner ce que vous avez prévu pour partir sur totalement autre chose
  • La poutre, ça aide à gagner mais c’est pas le cœur du jeu. Avoir la plus grosse est utile mais pas indispensable. Privilégiez les points plutôt que les armée ou le territoire. D’ailleurs, le combat est un élément avec beaucoup d’aléa dans ce jeu et c’est un domaine où les prévisions sont encore moins fiables que le reste.
  • Il y a des règles. Beaucoup de règles. Beaucoup trop de règles. Vous ne retiendrez pas tout. N’hésitez pas à laisser de côté certains côtés du jeu pour vous concentrez sur d’autres. Perso, j’ai joué en mode « le combat c’est compliqué, on verra plus tard et on va jouer pacifiste ». Ça simplifie considérablement le jeu dans un premier temps.

Un peu de technique :

  • Un point que je maîtrise très mal c’est l’ordre du tour. Deux ordres sont utiles à maîtriser :
    • Qui joue quand. On fait en fonction des cartes stratégies, rendant certaines plus ou moins fortes à certains moments de la partie.
    • Ordre de pick des cartes + ordre des votes pour les lois. Le speaker choisit en premier et vote en dernier. Et pour changer de speaker, il faut prendre la carte stratégie 3 « politics ». Personnellement je ne la prends presque jamais et c’est un gros biais puisqu’elle permet une grosse maîtrise des votes ET de choisir en premier le tour suivant.
  • La défense et la guerre. Les DPS ou la flotte. A la base je jouais beaucoup DPS (m’étant désintéressé des règles de combat spatiaux) et je pense que c’est une erreur. Avoir des DPS en état de servir, cela coûte cher (sacrifier deux tech, utiliser beaucoup construction ce qui veut dire prendre la carte stratégie ou utiliser davantage de tokens,…) et face à une grosse flotte cela ne sert à rien. Sans parler du manque d’efficacité de ce choix en attaque… Bref, c’est un choix qui doit être moins automatique qu’il ne l’est chez nous. Et une défense plus mobile est parfois préférable.
  • Un peu de commerce. J’aime beaucoup le système de ce jeu et les possibilités offertes par la carte stratégie. Je suis plutôt d’avis de remplir les commodités de tout le monde en early game pour faire ami/ami avec tout le monde et dynamiser le jeu pour tout le monde.

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L’empire Twilight

La bagarre !

Hé mais c’est le centième article ! (Bon, il y en a 140 qui traînent sur un vieux blog et une vingtaine sur trois petits blog antiques/thématiques et/ou communs)

Je me suis aperçu de cela en finissant celui sur London. Et j’ai hésité à faire un article un peu spécial. Ne sachant que faire, l’évidence s’est finalement imposé à moi. Il fallait que je vous parle de Banshee. Et de bagarre ! Parce qu’au fond cette série c’est ça : LA BAGARRE !

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Donc Banshee, qu’est ce que c’est?

Un type sort de prison après avoir purgé sa peine. Il choisit de rejoindre la femme qu’il aimait, planquée dans un village paumé et centre de nombreuses convoitises criminelles. A peine arrivé se retrouve-t-il à endosser l’identité du shérif que tout le monde attendait. Balancez là-dedans un haker, un tenancier de bar boxeur retraité, une réserve indienne, des amishs dont un s’est fait bannir et tient la pègre locale, des néo-nazis, un ex-marine devenu substitut du procureur, une base militaire et une masse de rednecks. Et vous avez un cocktail explosif.

Cela a été partout vendu comme une série B putassière gonflée aux hormones et ne reposant que sur une débauche de sexe et de violence. Et effectivement, cela semble correspondre à cette description si l’on ne s’attarde pas au delà d’un ou deux épisodes. Et ça le fait bien. Les combats notamment sont particulièrement bien filmés et mis en scène, bien plus que dans la plupart des séries récentes. Ajoutons un talent pour choisir les personnages impliqués dans les affrontements (un de ces combats d’ailleurs : https://youtu.be/fno5aFcJQF0).

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Mais, comme vous vous en doutez, c’est bien plus que cela. Premier point, la caractérisation des personnages. En quelques plans, quelques mots, on nous iconise un nouveau protagoniste inoubliable.

Toujours dans l’écriture, il y a un magnifique travail de construction de cette petite ville où les différents protagonistes sont interconnectés et reliés? Pour le MJ que je suis, c’est une belle inspiration dans de création d’une communauté riche et bourrée d’intrigues potentielles.

Au niveau du scénario, c’est assez basique mais cela tient globalement la route sur les quatre saisons malgré la surenchère des oppositions qui s’enchaînent. Le casting là-dedans se débrouille plutôt bien à mon sens, particulièrement le personnage principal qui a une vraie présence (suffit de voir comment il surnage dans The Boys). Et visuellement,… Pour moi c’est l’autre gros point fort de Banshee. Montrer l’Amérique rurale et profonde tout en prenant parfois certains risques (il y a notamment un huis clos champêtre assez déstabilisant et pas mal hors du temps) et en proposant des plans sacrément iconiques.

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Bref, Banshee, c’est très bon et je ne peux que vous conseiller d’y jeter un œil. Si effectivement, le côté putassier assumé est présent et peut gêner, ça vaut le coup de le dépasser et de s’intéresser à ce que cette série veut nous montrer et nous raconter. Quatre ans après la fin de sa diffusion, j’y reviens régulièrement et suis toujours aussi convaincu.

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Et, avant de vous laisser là, je veux vous renvoyer vers trois autres séries que je compare volontiers à Banshee (et qui, comme vous vous en doutez, sous couvert de bagarre sont beaucoup plus intéressantes que cela) :

  • Justified : un US Marshall est muté dans son Kentucky natal. La description de l’Amérique profonde, les histoires de flic et des personnages bien marquant (et rien que pour Walton Goggins, ça vaut le coup).
  • Warrior : Du Western à la sauce Wuxia par la même équipe que celle qui a fait Banshee. Le mélange entre ces trois éléments est détonnant et fonctionne plutôt bien. On retrouve les qualités et défauts de leur série précédente (et tant que je cause de série d’art martiaux, jetez aussi un œil à Into the badlands pour un peu de post-apo)
  • Quarry: Un marine de retour du Vietnam se retrouve à faire le tueur à gage. Mêmes producteurs que Banshee, même absence de concession pour huit épisodes bien enlevés avec un beau casting aux petits oignons (un mot sur Damon Herriman aussi présent dans Justified et aussi un autre sur l’excellent Mustafa Shakir qui a ensuite enchaîné avec un talent évident dans The Deuce, Luke Cage et American Gods et qui doit être le truc que j’attends le plus dans l’adaptation de Cowboy Bebop). Et une belle reconstitution des 70’s avec en particulier une bande son aux petits oignons.

Et Black Sails me diriez vous? Oui, Black Sails aussi. Mais ça mériterait un article spécifique pour compléter ce que je disais déjà sur la saison 1 il y a six ans de cela dans mon premier vrai article sur ce blog…

La bagarre !

Vrac 19, pdf et docu

En ce temps de confinement, mes consommations culturelles ont pas mal changé. Pas d’épisodes dans le train, pas de roman dans le métro, pas de podcast dans les transports. Mais plutôt :

  • Livre/Les historiens de garde : les très bonnes éditions Libertalia mettent à disposition en pdf certains de leurs bouquins pour nous occuper en ce moment. Et j’avais l’intention de lire celui-là depuis un moment. C’était donc l’occasion. Une étude sur l’utilisation de l’histoire par certains « intellectuels » non historiens (Deutsch, Patrick Buisson, Ferrand, Zemmour, Onfray,…) qui deviennent malheureusement le visage de l’histoire en France. Et sur ce que cela provoque de dangereux. Ce livre évoque des choses que l’on sait, qu’on a lu,… tout en les contextualisant, en revenant à leur prémices et en apportant de solides arguments. Une lecture véritablement utile pour tout historien ou amateur d’histoire.

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  • Livre/Plus vivant que jamais : Toujours chez Libertalia, Mai 68 vu de l’intérieur en première ligne par un poète. Ça aide à relativiser ce que l’on connait de l’événement (avec un point de vue partial certes) et ça remet en perspectives certains événements récents (des gilets jaunes aux manifestations contre la réforme des retraites). Je trouve qu’on comprends bien ainsi certains changement dans la doctrine du maintien de l’ordre. Et ça a eu tendance à me redonner le moral sur la place du mouvement social,… C’est déjà ça de pris. Et c’est sacrément bien écrit, envolé même. Prochaine lecture chez eux, La Joie du dehors.
  • BD/Les murailles de Samaris : Cela fait un moment que je veux lire Les Cités obscures et j’ai enfin pu prendre le temps d’attaquer cette série. Malheureusement, je l’ai lu en pdf et je pense que cela s’est ressenti sur ma découverte. Visuellement, je l’ai trouvé très beau mais je n’ai pas été aussi émerveillé que ce à quoi je m’attendais. Et l’histoire m’a laissé de marbre. A chaque essai de bd en pdf (sauf native sous se format), je suis déçu. J’attendrais de pouvoir mettre la main sur une version bois-mort pour me re-pencher sur Les Cités obscures.

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  • Film/Les statues meurent aussi : Je suis récemment tombé sur une liste de documentaire disponible gratuitement en ligne. Et j’ai directement eu envie de regarder ceux de Chris Marker, ne le connaissant que de réputation. Première découverte donc, Les statues meurent aussi. Un court métrage de 1953 en collaboration avec Alain Resnais (quand même) sur le manque de considération dont souffre l’art africain et le rapport au colonialisme. A sa sortie, ce film a été interdit pendant 11 ans dans notre pays. Et aujourd’hui? Si le style détonne un peu (c’est du image par image avec voix-off) et que certaines remarques seraient grossière et racistes aujourd’hui, le fond reste toujours d’actualité. Un excellent film visible ici.
  • Jeu/Erannorth Reborn : Ola. Dur, dur, dur d’en parler de celui-là. Grosse baffe, gros coup de cœur. Et je vais devoir développer.

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Nous sommes face à un deckbuilding/roguelike assez similaire à Slay The Spire où l’on enchaîne les runs pour débloquer de nouvelles cartes et de nouveaux personnages. Et comme dans Slay The Spire, on commence avec un deck préétabli dans lequel viennent se glisser de nouvelles cartes au fur et à mesure des combats et des explorations. Plus des objets magiques et autres choses qui changent les règles.

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J’adore Slay The Spire mais qu’est ce que cette version apporte de plus?

  • Des éléments de jdr (6 caractéristiques « classiques » influençant les différents éléments de combat, système de pex des personnages et des cartes, )
  • Une richesse folle puisqu’on a à disposition 13 races et 17 classes (dont la plupart sont à débloquer in-game), toutes mixables. Et que chaque classe dispose de son propre deck de départ et de ses cartes spécifiques à récupérer.
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Velue la création de personnage,…

Seule petite réserve, les visuels dont je ne suis pas particulièrement fan avec un fort penchant pour la nudité gratuite et sans intérêt. Au final, je suis vraiment convaincu par ce jeu et j’ai vraiment envie d’enchaîner les runs, de tenter d’autres builds/combo et de tout développer. Grosse réussite pour moi donc.

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London, au nord à gauche

Bon, après avoir longuement parlé de Miéville, il est temps que je m’attaque à un autre auteur que j’apprécie particulièrement. Changement de style et changement d’époque puisque je vais cette fois-ci m’intéresser à Jack London. On le connaît généralement (en France du moins) en tant qu’auteur de roman d’aventure, de nature sauvage et du grand nord. Mais le catégoriser ainsi, c’est oublier tout le volet politique qui est essentiel dans son oeuvre.

Pour commencer à parler de lui, je me dois d’abord évoquer un film récent dans lequel il est cité et dans lequel je retrouve totalement les préoccupations de London : Into The Wild. L’auteur y est évoqué parmi les inspirations de Christopher McCandless, aux côté de Thoreau et de Tolstoi (qui se parlent d’ailleurs tous deux autant de nature que de politique). Et là aussi, on retient surtout la description de la nature dans ce film. Alors que la peinture sociale de l’Amérique est évidente de même que le discours politique qu’en tirent Penn et Krakauer (auteur du bouquin que je vous conseille au passage).

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Enfin,… Après ce petit clin d’œil, il est temps de revenir à London lui-même. Et naturellement, je vais rapidement évoquer le London du Grand Nord. Parce que même si l’on ne peut pas résumer London au Grand Nord, c’est une part essentielle de son oeuvre et que l’amateur de récit de voyage que je suis ne peut qu’apprécier. C’est d’ailleurs l’essentiel de ses premiers écrits alors que l’aspect politique prend de l’importance dans un second temps.

Naturellement, je ne peux que vous conseiller ses deux livres les plus connus que sont L’Appel de la forêt ainsi que Croc Blanc. Ces descriptions merveilleuses du Grand Nord sont en grande partie dues au fait que London lui-même a vécu ces espaces et les décrit donc de l’intérieur. Une chose est sûre, c’est que je les lirais (ou les ferais lire) à mes enfants ! Il aussi intéressant de noter qu’il a aussi publié des récits et journaux de bord de certains de ces voyages.

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Passons maintenant au London politique, avec Le Peuple de l’abîme (je vous renvoie d’ailleurs vers cette version audio en anglais). Il s’agit d’un véritable reportage journalistique où il se plonge en immersion pendant plusieurs mois dans l’East-End londonien . Il y décrit cette vie, ses quartiers et la pauvreté qui y règne. Ce livre, je l’ai découvert en cours au lycée et il ne m’a jamais quitté depuis. C’est incontestablement un des trucs les plus marquant que j’ai lu de ma vie. Un travail monumental et une merveilleuse source historique.

Quelques années plus tard, j’ai découvert Le Talon de fer, préfacé par Trotski. Un roman totalement atypique où London évoque (en 1908) un monde transformée ainsi :  guerre entre Allemagne et USA interrompue en 1912 par une gréve générale dans les deux pays. Cette grève débouchant sur une Commune puis … une dictature pour trois siècles. Une excellente dystopie politique qui anticipe avec brio les 50 ans à venir. Assez hallucinant.

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Dernier ouvrage de London dont je voudrais vous parler, La peste écarlate. Un recueil de nouvelles dont je retiendrais surtout celle qui a donné son nom à l’ensemble, un texte totalement atypique dans sa production habituelle et assez originale pour 1912 où elle a été publiée pour la première fois. En effet, il s’agit d’une nouvelle post-apocalyptique parlant d’un monde où l’humanité a été décimée par une épidémie en 2013 (sept ans trop tôt, il y était presque !). Aujourd’hui, c’est un texte presque banal mais il est assez hallucinant quand on le replace dans son contexte. Et, à l’intérieur, on retrouve la plume de London et ses préoccupations habituelles.

Enfin, un autre aspect que l’on ne connaît trop peu, c’est le travail de London en tant que photographe du début 20e siècle. Il a transporté son appareil dans de nombreux voyages et paysages différents que cela soit dans l’East-End londonien, au sein de la guerre russo-japonaise ou dans la révolution mexicaine de 1910. On retrouve énormément de ses clichés dans l’excellent Jack London Photographe sorti chez Phébus.

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En bonus, je vous conseille aussi ces 4 émissions de France Inter sur London qui reviennent avec beaucoup plus de talent que je ne pourrais jamais le faire sur sa vie, sa carrière et sa philosophie.

PS : j’en profite aussi pour vous renvoyer vers La Bibliothèque électronique du Québec qui propose de nombreux documents libres droits dont énormément d’écrits de London (y compris tout ceux que j’évoque dans cet article).

London, au nord à gauche

Un petit tour en forêt

En ce temps de coronavirus et confinement, c’est le moment idéal pour parler de :

  • post-apocalyptique
  • forêt et extérieur en général

Et cela tombe bien, c’est un de mes sujets du moment.


Millevaux

En effet, en continuant de me renseigner sur ce qui se fait dans le jeu de rôle indépendant français, j’ai été aspiré par l’univers de Thomas Munier, Millevaux.

Millevaux, donc, qu’est ce que c’est? Je l’ai décris comme un univers et non comme un jeu parce que c’est ce que c’est. La civilisation s’est effondrée et l’Europe a été recouverte par une forêt hostile. Les survivants humains essayent d’y survivre au milieu de l’oubli (forme d’amnésie), l’emprise (une forme de mutation), l’égrégore (des incarnations des passions humaines) et les horlas (des monstres).

Plutôt que de se contenter de créer un jeu dans cet univers et de passer à autre chose, Thomas Munier a préféré rester dans cette vaste forêt et la développer, explorant d’autres aspects, d’autres systèmes de jeu (et donc d’autres façon de vivre cet univers), d’autres régions de l’Europe, d’autres média,… faisant petit à petit de Millevaux un ensemble extrêmement dense et cohérent. J’avoue apprécier énormément cette façon de faire et que l’ensemble qui en ressort est assez extraordinaire.

Pour découvrir Millevaux, la meilleure porte d’entrée est Outsider, le blog de Thomas Munier. On peut y trouver énormément de matière sur son univers (et pas que) et la plupart des jeux, disponibles gratuitement.

Et pour tester, de mon côté, je me suis tourné vers Millevaux Sombre, une de ses premières versions, où l’on joue avec les règles de Sombre, un jeu fait pour jouer de l’horreur cinématographique. Je teste via forum sur jdroll et le début est assez convaincant.

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Alors que je découvrais Millevaux, je me suis rendu à l’exposition Niels Hansen Jacobsen que j’évoquais dans un article précédent. Et c’est assez amusant comment le travail de ce sculpteur est une belle source d’inspiration pour cet univers.

Et naturellement, comme à chaque fois que je m’intéresse à un jeu et veux m’y lancer, je liste les références que je peux mobiliser. Pour cette partie, j’ai notamment listé :

  • Sheitan : des jeunes de banlieue embarqué à la campagne pour un film d’horreur.
  • Chasse Royale : une saga gauloise. Avec de magnifique description de scènes de chasse et de sous-bois.
  • Annihilation : série de bouquin de l’excellent Jeff VanderMeer dont le premier a été adapté en film. Des scientifiques sont envoyés dans une zone abandonnée où faune et flore ont dangereusement muté.
  • Atomik Circus : une comédie de SF française totalement barrée?
  • La Zona : série espagnole. Suite à un incident dans une centrale, une large zone est fermée. Quelques temps plus tard, un flic doit se rendre sur place.

Ce ne sont pas forcément les inspirations listées par l’auteur ou d’autres meneur mais je trouve qu’il y a énormément de choses à prendre dans ces diverses œuvres. Mais parmi celles recommandées, il y en a une qui m’a immédiatement attiré…


Zone Blanche

Une série française !

Zone Blanche donc,… Qu’est ce que c’est? Une zone blanche à la base, c’est une zone où les réseaux de télécommunication ne passent pas correctement. Et là, nous sommes face à une série (française) où l’on découvre une ville (Villefranche) située dans une de ces fameuses zone blanche. Une ville qui a tout pour elle :

  • au milieu d’une forêt qui semble sans fin et qui est, pour moi, le principal personnage de la série
  • où le taux d’assassinat est hallucinant par rapport à la moyenne nationale
  • où le maire et son père possèdent l’essentiel de la ville, du pouvoir et emploient une grande partie de la population.

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C’est du policier avec une dose de fantastique parfaitement dosée (ils ont lu Todorov, j’en suis certain). S’il y a bien quelques soucis (je coince totalement avec le jeu de certains acteurs), c’est une très bonne série bien écrite. Mais son point fort c’est indubitablement son ambiance. Ils ont réussi à développer une atmosphère unique et extrêmement adaptée, notamment via des visuels à tout épreuve. Vraiment, je conseille cette série et pas uniquement en tant qu’inspiration pour Millevaux. Vous pouvez regarder les deux saisons et je plongerais avec plaisir dans la troisième quand elle viendra.

Concernant Zone Blanche toujours, elle me rappelle deux autres séries que je souhaite citer ici :

  • Guyane : du français aussi. J’en avais parlé ici. On retrouve dans ces deux cas une très bonne description d’une nature plus grande que l’homme.
  • Banshee : on s’éloigne un peu du thème de départ de l’article mais je ne peux m’empêcher de vous dire à quel point Zone Blanche me rappelle Banshee dans sa description d’une petite communauté isolée avec ses dynamiques internes et ses tensions. Dans les deux cas, on a d’ailleurs une série policière avec de petites histoires de la semaine imbriquées dans une intrigue plus large. Je viens d’ailleurs que j’ai à peine évoqué Banshee par ci par sans vraiment développer. Il faudra, un jour.

Voilà en gros ce que j’avais à vous dire sur le sujet. Si vous cherchez un bon jeu de rôle d’horreur ou de post-apo forestier, intéressez vous à l’univers de Millevaux. Et pour une bonne série, Zone Blanche est une excellente idée. Et si, de votre côté, vous avez des idées de choses à lire ou à voir dans une ambiance forestière sombre, je les prends avec plaisir !

Un petit tour en forêt