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  • Série/Mr Robot saison 4 : Fin de saison et fin de série. Vraiment quelque chose de marquant de ces dernières années. Tant au niveau que du scénario et des visuels, il y a énormément de choses notables et qu’on va garder en mémoire. Dans les gros points positifs je retiendrais le traitement de la maladie mentale, la gestion du trauma ainsi que la gestion visuelle de l’informatique (pour les jeux de rôle cyberpunk, c’est une inspiration qui devrait devenir incontournable). Un mot aussi du casting qui est excellent. On revient sans cesse, à raison, sur le taff de Rami Malek mais il est très bien entouré. Plus mitigé, l’aspect politique. Il y a là du très bon et du moins bien traité. Principaux points négatifs, il y a un côté petit malin qui m’horripile dans les séries télés et qui donne ici un côté soufflet qui retombe au final. Mais ça reste un indispensable.

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  • Série/Ragnarok : une série norvégienne créée par Netflix. Sur fond de mythologie nordique, on a le droit à un mélange de série d’ado, de série écolo et de série de super-héros. Premier constat : le visuel. C’est beau. De grand plans de paysage norvégiens. Second constat : la langue. Inhabituelle, elle va très bien au vu du sujet. Troisième, constat : le casting. Plein d’acteurs locaux qui collent parfaitement à leurs rôles et s’en sortent très bien. Après, tout n’est pas idéal. Il y a bien peu de moyens et cela se ressent parfois lorsqu’on a l’habitude des séries américaines. Et au niveau du scénario, même si cela reste globalement solide, on n’échappe pas à de nombreux gros clichés et choses totalement attendues. Au final, j’ai été plutôt séduit et rempilerait pour une éventuelle saison deux. C’est une réinterprétation contemporaine correcte de la mythologie nordique. A note un bon travail sur le handicap.

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  • Bouquin/Frères migrants : On reste sur du politique. Un essai poétique cette fois-ci. Je ne lis pas assez de poésie et je n’avais jamais lu de livres de Patrick Chamoiseau jusque là mais j’aime énormément le peu de littérature caribéenne que j’avais lu. Et j’ai plutôt aimé. La langue est extraordinaire. Quand au contenu, je l’ai trouvé assez classique (dans le sens où cela n’apporte pas grand chose au débat et que tout ce qu’il dit me semble tellement évident) mais toujours bon à rappeler.
  • Bouquin/L’autre ville : littérature tchèque cette fois-ci. Un homme découvre que derrière la Prague qu’il connait depuis toujours existe une seconde Prague fantastique et étrange. Il décide donc d’aller l’explorer. C’est un ouvrage passionnant, compliqué à lire et véritablement unique même si ça emprunte au surréalisme tout en me rappelant Vandermeer et Lombres de Miéville (encore lui). Assez marquant et très agréable. Chose amusante et intéressante, la place accordée à l’objet livre dans le récit (tout part d’un ouvrage déniché chez un bouquiniste et le second chapitre se déroule dans une bibliothèque). Une bonne lecture et une inspi pour Itras by niveau jeu de rôle.

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  • Jdr/Green dawn Mall : Un jeu indépendant que je viens d’acheter et dont je n’ai eu que la version brute jusque là. On joue des adolescents lâchés dans LE centre commercial infini et fantastique reliant tous les centres commerciaux du monde. Un principe amusant pour un jeu que j’ai vraiment envie de tester.
  • Jdr/Pti6 : Un jeu gratuit offert par Le Grumph sur son patreon. Il s’agit d’un jeu générique utilisable dans tout univers. J’aime beaucoup le principe et envisageais de m’en servir pour du contemporain fantastique mais le jeu me semble malheureusement moyennement adapté au jeu par forum…
  • Lieu/Ground Control : du côté de la gare de Lyon, une ancienne halle de tri de la SNCF transformé en « lieu de vie culturel, indépendant et engagé » où l’on trouve à manger, à boire, à lire (une bonne petite librairie indépendante, Charybde), quelques boutiques ainsi que des lieux de diffusion et de productions culturelle (expo, scène, podcast, rencontres, ateliers,…). Un énorme coup de cœur ! Et l’hommage est évident :

PS : article écrit en regardant, entre autre, Les Héritiers. Très bon film sur une classe de Créteil qui participe au concours national de la Résistance. A voir

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Retour vers China Miéville

Bon, ça fait un moment que j’ai cet article sur le feu. Que je l’évoque, que j’ai commencé à l’écrire, à écouter des podcasts, à chercher des images. Et le voilà enfin.

Donc, China Miéville. J’avais abordé l’essentiel de sa bibliographie ici et Lombres . Reste à revenir sur Les scarifiés et Le concile de fer et on aura fait le tour de ces bouquins trouvables en français (en attendant Octobre : Un récit de la révolution russe qui sort en août prochain). Puis à essayer d’élargir le débat pour embrasser l’ensemble de son oeuvre (et voir pourquoi ça me parle autant). Et au passage, je vous présenterais quelques magnifiques illustrations faites pour son boulot si inspirant. Et puis ça permettra de faire des pauses dans ma prose si fouillis.

Perdido Street Station by Alberto Gordillo
Perdido Street Station par Alberto Gordillo

On va donc commencer par Les scarifiés. Un peu après les événements de Perdido Street Station, les proches d’un des personnages principaux fuient la ville de la Nouvelle-Crobuzon, théâtre de ce précédent roman. C’est grosso modo le seul lien entre les deux livres (on garde l’univers et il y a quelques menues références mais ça reste léger). On suit une de ses amies, une linguiste du nom de Bellis Frédevin, dans sa fuite qui la mène jusqu’à Armada, une cité pirate composée uniquement de navire accrochés les uns aux autres et où diverses factions s’affrontent.

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Armada par Tucker Cullinan

Une merveille que ce livre où l’ont retrouve certaines obsessions de Miéville, la ville (les descriptions d’Armada sont envoûtantes d’ailleurs, autant que son concept même), très originale cette fois et le rapport à la langue. C’est un grand plaisir que de retrouver l’univers de Bas-Lag tout en le réinventant via un angle différent et d’y ajouter ces pirates, respectant d’ailleurs les idéaux des pirates terrestres. Encore une thématique qui me parle et ce n’est pas la seule dans cette ouvrage.

Comme souvent chez cet auteur, le personnage central n’est pas un héros habituel (dans Perdido Street Station, on avait affaire un universitaire et une artiste) et les autres personnages principaux sont à l’avenant : un ouvrier, un naturaliste, un gamin et un espion. Mais on découvre aussi ici un personnage qui est l’archétype même du personnage de méd-fan, le guerrier. Il prend ici les traits d’Uther Dol (rien que ce nom,…) que Miéville transforme en combattant parfait, intriguant et extrêmement réussi. Grands succès aussi, ce bestiaire et ce rapport à la magie (deux points de passages obligatoires pour les auteurs de méd-fan), déjà amorcés dans  Perdido Street Station, qui commencent à prendre de l’ampleur et se révèlent très intéressant et originaux.

Bas Lag Earlier Designs by Nicholas Kole (homarusrex)
Bas Lag Earlier Designs par Nicholas Kole (homarusrex)

Au tour maintenant du troisième et dernier roman se déroulant dans l’univers de Bas-LagLe concile de fer. Si Perdido Street Station c’était de l’urban fantasy et que Les Scarifiés reposaient sur un duo piraterie/espionnage, on a cette fois-ci un ouvrage mêlant des références western à de la lutte sociale (déjà amorcée dans le premier des trois romans). On suit en effet des révolutionnaires trente ans après les autres histoires alors que La Nouvelle Crobuzon s’est enfoncée dans la guerre et une véritable crise sociale. Pendant que certains fomentent en ville, d’autres partent dans le grand-ouest la nature sauvage à la recherche d’un train mythique détourné de son but premier : ce fameux concile de fer.

The Iron Council Cover by Alex Popescu (aksu)
The Iron Council Cover par Alex Popescu (aksu)

Une fois n’est pas coutume, je vais partir par ma principale critique concernant ce bouquin : le manque de charisme et d’intérêt des personnages principaux. Bellis, Isaac et Lin (les deux derniers sont les héros de Perdido Street Station) étaient de très chouettes héros et d’autres protagonistes m’avaient vraiment marqué (j’ai déjà évoqué Uther Dol mais je pense aussi à Yagharek, Madras ou au Brucolac). Là, rien de tout cela alors que certains personnages auraient pu être extrêmement cools. Mais je pense que c’est voulu de la part de Miéville, il laisse les individus s’effacer derrière les groupes séditieux et factions par qui la révolution doit passer (les journalistes de la feuille de presse illégale abandonnent d’ailleurs leur nom pour s’appeler tous Jacques entre eux). Ce choix, compréhensible, ne facilite néanmoins pas l’accès au livre.

Et c’est d’ailleurs tout le livre qui se concentre là-dessus. Pour moi, Le concile de fer c’est  avant tout un excellent hommage à la Commune (LA principale référence même s’il y a aussi beaucoup de choses empruntés aux luttes de la révolution industrielle) et aux luttes sociales, transposée dans un univers méd-fan. Miéville, qui se revendique clairement comme étant d’extrême gauche, maîtrise vraiment son sujet et le rend à merveille. On retrouve d’ailleurs de nombreux sujets de luttes de ces derniers temps : racisme, féminisme, lutte contre le capitalisme, rapport politique/économie, écologie…

World of China Mieville by Andrew Hou (nJoo)
World of China Mieville par Andrew Hou (nJoo)

Bref, encore un autre style que les deux autres romans se situant pourtant dans ce même univers mais tout autant indispensable. Les trois sont obsédant. Les trois m’ont énormément apporté. Mais de trois façons bien différentes. Et c’est là sa patte : parler des mêmes sujets, mais toujours en se renouvelant.


Voilà pour ce large tour de la production de Miéville. Au vu de ses sujets de prédilections, vous comprenez mon intérêt :

  • La ville (Perdido Street Station, Les Scarifiés, Lombres, The City and the City, Kraken, Légationville,  Les Derniers Jours du Nouveau-Paris)
  • Le chemin de fer (Perdido Street Station mais surtout Merfer et le Concile de Fer)
  • Le rapport à la langue et à l’écrit (Les Scarifiés, Celui qui dénombrait les hommes, Légationville, Les Derniers Jours du Nouveau-Paris)
  • La place de la culture (Perdido Street Station, Le Concile de fer, Lombres, The City and the City, Légationville, Celui qui dénombrait les hommes, Les Derniers Jours du Nouveau-Paris)
  • Le mouvement social (Perdido Street Station, Les Scarifiés, Le Concile de fer, The City and the City, Les Derniers Jours du Nouveau-Paris)

Et toujours chez lui, cette obsession : partir d’une idée d’univers originale, lui donner corps en un univers riche et cohérent. Pour le rôliste, c’est un véritable plaisir et une richissime source d’inspiration. D’ailleurs, Miéville est lui-même rôliste et a un peu écrit de jeu de rôle pour Pathfinder.

Bref, lisez Miéville ! C’est riche et passionnant.

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Lombres, par Miéville lui-même

Quelques autres liens utiles le concernant :

Retour vers China Miéville

Des farandoles de projets

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Il y a ceux qui viendront peut-être un jour … ou pas

  • Ecrire un roman de fantasy
  • Participer à une vidéo youtube pour présenter 3 2 1 battle
  • Créer un jeu de carte façon JCC de course post-apo
  • Candidater pour le jury du livre inter (oui, Julie, je copie)
  • Ecrire un jeu de rôle via Dead Drop
  • Parler d’urbanisme
  • S’essayer au podcast
  • Se remettre aux figurines et à la peinture
  • S’engager en association
  • Aller à la piscine
  • Ecrire des articles en collaboration avec des amis façon Ciné qui chante
  • Arriver à aller à un show de catch
  • Un tatouage?

Il y a ceux qui sont en cours ou arrivent…

  • Un troisième marmot (plus que quelques mois !)
  • Du jeu de rôle avec mon fils de quatre ans (la première partie a été un succès !)
  • Un article de plus sur Mieville
  • Une partie de jeu de rôle Vampire/Madrid
  • Une partie de jeu de rôle Warhammer/Marienburg
  • Une partie de jeu de rôle Qin à deux joueuses
  • La partie via courrier avec Guillaume

Et il y a cet article qui ressemble à une liste de course… mais ça fait du bien de faire ce genre de point de temps à autre.

Des farandoles de projets

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Bon, ça faisait un moment et je me suis laissé débordé. Allez, un vrac (avec pas mal de série) en attendant mieux (China Miéville, un jour) :

  • Série/Orange is the new Black saison 7 : Sept saisons, ça fait beaucoup. La lassitude guette toujours les séries aussi longues et OITNB n’échappe pas à la règle. Malheureusement on n’atteint ici jamais le niveau des précédentes. Certains personnages tournent en rond, d’autres n’échappent pas à quelques incohérences et l’humour n’est pas toujours aussi incisif. Principal défaut pour moi, ce final beaucoup trop désespérant alors que l’équilibre était bien trouvé jusque là… Ne vous y trompez pas, cela reste agréable à regarder et certaines thématiques nouvelles sont intéressante (la maladie, la vie après la prison, les centres pour immigrés), ce n’est juste plus aussi excellent que les trois, quatre premières saisons.
  • Série/The Good Fight saison 3 :  Quand on parle de série longue… La lassitude était là à la fin de The Good Wife (sept saisons quand même). Mais cette suite a réussi à relancer l’intérêt et pour moi cette nouvelle saison est la meilleure des dix. Le scénario est bon et c’est devenu extrêmement drôle, d’un humour dingue/granguignolesque qui n’est pas sans me rappeler De la Iglesia et qui convient très bien à l’ère Trump.

good fight

  • Série/The boys : Pas le même genre. J’aime beaucoup les bouquins et n’attendait pas grand chose de la série. Des critiques positives et (surtout) la présence du génial Antony Starr (regardez Banshee) m’ont convaincu. Et j’ai été conquis. C’est totalement trash et barré. Exactement ce qu’il fallait pour The boys. Quelques modifications qui respectent l’esprit de la BD. Et Antony Starr qui cabotine. Mon dieu,… ce rôle lui va à merveille (regardez Banshee quand même).
the boys
J’ai failli vous mettre une photo de Banshee,…
  • Bouquin/Entends la nuit : De la littérature fantastique apparemment centrée sur le concept de ville avec comme être principal un personnage ressemblant aux Mystes que Le Grumph a développé dans Casus Belli (article disponible sur le site de l’auteur). Forcément je suis tenté. Et quel déception ! Si le concept de départ est excellent, c’est finalement un twilight like. Et je n’étais pas là pour de la mauvaise romance. Dommage. Quelques idées à récupérer pour du jeu de rôle néanmoins.
  • Bouquin/Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité – Face à la catastrophe écologique et sociale : On change totalement de genre avec cet essai écologique. Et j’ai trouvé ça excellent. Un bon rappel de l’état du monde. Une bonne porte d’entrée sur l’effondrement. Et aussi d’une certaine façon une lueur d’espoir avec des solutions proposées et un appel à agir. Une lecture indispensable je trouve.
  • Bouquin/Bilbo le Hobbit : Je ne l’avais pas lu depuis un sacré moment et deux éléments m’ont donné envie de m’y remettre : l’exposition BNF et le fait que je l’ai expurgé et raconté à mon fils de quatre ans. Puis ma chère épouse me l’a offert. Je l’ai donc relu et c’est toujours un plaisir de le redécouvrir. Ce coup ci j’ai trouvé le début juste magistral et la suite simplement sympathique.

hobbit

  • Podcast/La Cellule : Du podcast de jeu de rôle qui fait à la fois de l’analyse de jeu, des sujets rôlistes généraux mais surtout des discussions sur des thèmes divers (littérature jeunesse, l’éducation populaire, la dissertation, Tolkien,…). Je conseille particulièrement (c’est le bibliothécaire qui parle) celui sur la librairie indépendante. Principal défaut (la longueur n’en est pas un pour moi) : il y a, chez eux, un côté donneur de leçon qui peut être pénible (il m’a fallu un certain temps pour le dépasser de mon côté).
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