Petit passage pour un retour au ciné.

Beaucoup de chose ces derniers temps et ça me laisse peu de temps pour bloguer et aller au ciné. Mais j’ai pu y retourner hier et le film vaut vraiment le coup d’en parler.

C’était à l’occasion de la sortie de Sicario, le dernier Denis Villeneuve. Alors, Denis Villeneuve, c’est une réalisateur québécois qui monte et dont j’avais énormément apprécié le très bon Prisoners il y a deux ans. Et c’est amusant de voir que ce réalisateur a des qualités assez similaires à celles de Xavier Dolan, son compatriote, alors qu’ils font des films totalement différents.

sicario

Quelles sont donc ces qualités ?

  • La plus importante à mon sens c’est cette maîtrise technique qu’ils nous présentent. C’est totalement hallucinant, cette justesse et richesse de tous les plans. On les sent pensés et étudiés en profondeur (ces vues de Juarez, de la frontière, du désert, c’est juste du caviar). Pour des réalisateurs avec aussi peu d’expérience, c’est vraiment impressionnant, on a l’impression d’être face à des mecs qui savent ce qu’ils font. Et quand je parle de maîtrise technique, ce n’est pas juste de l’académisme ni juste les prises de vues. Musicalement c’est aussi nickel. Et il y a, chez eux deux, une vraie inventivité. Tu vas voir Sicario, tu sais que tu vas avoir des plans que tu n’as jamais vu ailleurs et que cela sera bourré d’excellentes idées de mise en scène.
  • La seconde grande qualité commune de ces deux réalisateurs c’est leur façon de construire des personnages riches et complexes auxquelles on va croire et s’attacher. Ils arrivent à le faire pour les personnages principaux et y parviennent aussi sur des personnages secondaires.
  • Enfin, leur dernière grande qualité commune c’est des choix qu’ils font dans ce qu’ils montrent. Ils partagent un jusque boutisme. Si on filme un scène dure, on le fait totalement, sans rien cacher. Cela donne des moments très dures mais bien réalistes. A côté de cela, ils parviennent à les enchaîner avec des scènes un peu plus légères, optimistes qui nous permettent de souffler un peu. Ce qui est particulièrement fort là-dedans, c’est que même ces scènes légères servent l’intrigue.

Sicario-poster

Au delà de cela, Sicario comporte de nombreuses autres qualités. En particularité une capacité à faire monter la tension sans cesse jusqu’à une bonne grosse explosion. Dans ces moments là, le film te prend à la gorge et te serre sans cesse jusqu’à l’étouffement (le passage de la frontière, c’est un truc, j’avais jamais vécu ça au ciné…). Extraordinaire. J’ai lu un typer comparer cela avec un film d’horreur et c’est tout à fait cela en extraordinairement fort. En tout cas, le jour où Villeneuve fait un film d’horreur, j’y vais, c’est clair.

Il me semble aussi indispensable de parler du trio d’acteurs qui font tous les trois de très bons numéros dans des styles finalement assez différents. Je ne saurai dire lequel est le meilleur tant ils rendent tous les trois une partition clean.

acteurs

Le scénario lui-même est plutôt bon et se base sur un parti-pris à la fois crédible et terrifiant. Le choix du point de vue d’Emily Blunt est d’ailleurs bien fichu pour ça. C’est néanmoins sur ce plan que le film pêche un peu. Rien de grave, et j’ai d’ailleurs un peu de mal à détailler cela mais on sent comme une faiblesse sur ce point. Comme si le scénario est un peu faible par rapport aux qualités de l’ensemble. Un petit dommage.

C’est donc un bon 5,5/6, à voir, vraiment. Et ça rassure pas mal pour son Blade Runner.

Cet article me donne d’ailleurs l’occasion de parler de Justified, une série dont je viens d’enchaîner les cinq saisons.

Justified

C’est une série sur un Marshall (Timothy Olyphant) qui retourne dans son Kentucky natal pour y combattre le crime. Très basique.

Et là aussi c’est solide. Pas fabuleux certes mais très bon. Le duo d’acteur principaux est très bon, Timothy Olyphant porte le chapeau de cowboy comme personne et Walton Goggins est vraiment un excellent acteur. A mon avis totalement sous-exploité (Shane Vendrell, c’est quand même un personnage de fou). J’irai possiblement voir le prochain Tarantino juste pour lui, c’est dire.

A côté de ce duo, le gros point fort de cette série c’est sa capacité à sortir des personnages secondaires de rien (souvent de bon gros redneck bien barrés mais pas uniquement) et d’en faire des types dont on se souvient. Que cela soit pour un petit épisode, pour en faire de vrais vilains pour la saison ou pour en faire des personnages récurrents qu’on retrouvera avec plaisir de temps en temps.

Et puis ya Sam Elliott (mon avatar facebook) sans chapeau ni barbe et Garret Dillahunt avec une magnifique barbe.

Bref, une bonne série qui se dévore avec plaisir. Le scénar est cool, l’ambiance bien fun et on a de bons gunshot. Que demander de plus? N’hésitez pas, regardez Justified !

Sinon, je suis en train de craquer et de me laisser draguer par un jeu de figurine :

Far-West, me voici !
Far-West, nous voici !
Petit passage pour un retour au ciné.