Encore d’autres cinémas

Depuis la dernière fois, j’ai été voir :
ted 2

Ted 2. J’avais passé un bon moment devant le premier sans être trop fan, là c’est la même chose. J’aime bien Wahlberg (rien que pour Pain and Gain) et Seyfried (Veronica Mars quoi) donc cela aide un peu. En fait, il n’y a pas grand chose à dire ; Ce n’est pas très bien mais ça faire forcément rire ou sourire. Le film enchaîne tellement de gag/vannes/références qu’il y en aura forcément qui feront mouche. Après c’est assez creux et il y en a énormément qui tombent à plat. Bref, ça fait son taff sans plus. 3/6

Un petit tilt par contre : le ciné d’Orléans nous proposait des séances en VO pour ce film alors que pour d’autres où cela aurait été beaucoup plus utile (Mad Max, au piff), on n’y a pas eu le droit… Totalement n’importe quoi (et au passage Joey Starr qui double Mac Farlane, ça change tout le perso de Ted,…).

american ultra

American ultra. Là, il y a beaucoup plus à dire sur ce film. En gros, c’est plein de choses totalement nazes et d’autres vraiment géniales. Il n’y a pas d’éléments juste moyens, c’est tout l’un ou tout l’autre. Du coup c’est le film lui-même qui est moyen avec une grosse impression d’inabouti…

Pour les gros échecs :

-Topher Grace. Je l’ai trouvé très mauvais dans son rôle de grand méchant. Insupportable

-L’humour naze. Franchement la plupart des vannes ne passaient pas… C’était juste ridicule. Quelques unes qui touchaient mais ce n’était pas souvent.

-Un scénario bancal malgré quelques bonnes idées.

Pour les réussites :

-Un casting assez fou et plein de gens que j’aime beaucoup. Eisenberg et Stewart assurent (Stewart trouve encore un film où sa mimique habituelle passe bien). Et derrière c’est le festival d’acteurs sympathiques : John Leguizamo, Connie Britton (Friday Night Lights, c’est vraiment monumental) et Tony Hale (depuis Arrested Developement je ne peux m’empêcher de me marrer en voyant sa tronche). Mais surtout il y a Walton Goggins. Depuis The Shield, je le surveille et à chaque fois il est excellent. Et là, je l’ai trouvé clairement au dessus de la mêlée. Ce type mériterait vraiment un bon gros rôle.

-une réalisation qui essaye énormément de choses. De temps en temps ça ne marche pas et c’est limite insupportable. Mais la plupart du temps, ça passe bien.

-une bonne idée de départ dans le scenario et quelques éléments qui font envie.

-un générique de fin super cool.

A la base, j’étais un peu sceptique même si quelques éléments me donnaient envie. Un 3,5/6 pour l’originalité.

Un dernier petit mot sur ce film pour vous signaler que le scénario est de Max Landis que l’on devrait pas mal retrouver dans les années à venir. Max Landis, c’est le fils de John Landis, un grand nom du milieu à qui l’ont doit notamment le scénario et la réalisation du génial The Blues Brother. Son fils a commencé sa carrière par de nombreuses courtes vidéo dont celle-ci que je ne peux que vous encourager à regarder (ça parle de catch et c’est très bien fichu. Donc ça vaut forcément le coup) :

Il a ensuite été révélé au grand jour en signant le scénario de Chronicle qui a été un vrai succès. Il se fait débarquer de la suite, la Fox trouvant sa proposition de scénario trop sombre. Ces derniers mois, on le retrouve dans de nombreux projets : American Ultra donc mais aussi Docteur Frankenstein (sortie en novembre avec Radcliff et Mac Avoy), Mr. Right (avec Anna Kendrick 😀 Sam Rockwell et Tim Roth) mais aussi un run sur Superman pour DC. Bref, pas forcément les projets les plus alléchants mais des trucs assez ambitieux. Donc, Max Landis est un nom à retenir. On risque de beaucoup le voir et vu sa production, il y aura bien quelques projets corrects dans le lot !

Encore d’autres cinémas

Quelques cinés

Je profite d’un mois d’août oisif pour enchaîner les cinémas (et geeker project zomboid) tant que j’ai encore un peu de temps pour le faire.

Au programme ces derniers temps :

antman-poster-ironman

Ant-Man : Je m’attendais à une catastrophe et au final, c’est juste mauvais. J’ai eu l’impression que l’on cherchait à nous refaire le même coup des Gardien de la Galaxie. Malheureusement, la qualité n’est pas la même, ni dans le scénario, ni dans l’humour, ni dans le casting. Après le service minimum est quand même assuré et on est face à un divertissement sympathique à défaut d’être bon. Pas grand chose à dire et un petit 2,5/6

La-rage-au-ventre-Affiche-HD1

La Rage au ventre : j’attendais rien de ce film et cela a été une bonne surprise. Gyllenhaal a été une nouvelle fois monumental. C’est un type qui change sans cesse et progresse continuellement dans son jeu. A côté de cela, le casting est au poil, des rôles importants (Whitaker et Mc Adams) aux personnages secondaires (les autres boxeurs, l’assistante sociale), le scénario assez solide et la réalisation correcte. Bref, on a un vrai bon film et on rentre complètement dans ce drame. Après, la boxe, c’est vraiment du pain béni pour les cinéastes, assez simple de faire du bon avec ce sport et les américains savent faire. Le rap se prête aussi à ce genre de films et la musique est d’ailleurs parfait dans La Rage au ventre. Un bon 4,5/6 pour lui.

la dame

La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil. Oui, le titre est très très très très très long. Et le film est vraiment bon. Visuellement, c’est magnifique, Joann Sfar est vraiment très bon et sait ce qu’il fait au niveau des images et du son. Il rend ses personnages et plus particulièrement Freya Mavor, superbes. J’aime pas Biolay mais il s’en sort bien. Freya Mavor, tout le monde en a parlé et effectivement, elle rayonne, magnifique, sur le film. Son rôle est à la fois compliqué et elle parvient à faire passer l’ambiguïté qu’il faut. Elle n’est pas « juste » canon et c’est lui faire injure que de se limiter à cela. Pour le scénario, c’est un thriller classique et efficace qui nous prend très vite, fait monter la pression, nous emmène de tous les côtés pour ne nous lâcher qu’à la fin. Bref, c’est très bon. Un 5/6.

C’est amusant de noter que cette année j’ai particulièrement apprécié deux films faits par des français et les deux réalisateurs sont des dessinateurs de BD à la base (Sfar donc et aussi Satrapi pour The Voices…). Je me demande si on ne peut pas essayer d’expliquer cela par le formatage des réalisateurs français habituel pour nous sortir certains types de (mauvais) films depuis bien longtemps. Pendant ce temps, les auteurs de bd ont pris l’habitude d’innover stylistiquement et scénatistiquement. Du coup, en passant derrière la caméra, ça donne du très bon (et on peut pas dire que ni sfar ni satrapi ne se cantonnent à un seul genre).

Quelques cinés

Un petit mot de mon cyberpunk

Ces derniers temps, beaucoup de choses m’ont donné envie d’écrire un article sur le cyberpunk :

mon article sur le post-apo désertique à la Mad-Max qui m’a donné l’idée d’écrire sur d’autres genres.

Celui sur les Wachowski qui a servi de déclencheur. En effet, c’est à eux que l’ont doit Matrix qui est probablement le point d’entrée le plus « général » pour le cyberpunk tant ce film a marqué à la fois notre génération et l’histoire du cinéma.

-Pas mal d’actualités à la fois technologiques et culturelles (je reviendrai sur ces actualités en conclusion).

matrix

Comme pour le post-apo et comme pour le steampunk, je parlerai plus de mon univers cyberpunk que du cyberpunk en général. Il est donc l’écho de mes connaissances lacunaires et de mes goûts qui ne seront bien entendu pas ceux de tout le monde.

Qu’est ce que le cyberpunk ?

C’est un genre de la science fiction où la technologie de pointe est devenue omniprésente, c’est un univers à la fois violent, sombre et pessimiste.

Neuromancien de William Gibson est l’oeuvre référence de ce genre (prix Philip K. Dick 1984, prix Nebula 1984 et prix Hugo 1985, cela pose son oeuvre). Voici un court résumé de ce livre :

Chase est un ancien pirate de la matrice, cet univers qu’il définit comme « une hallucination consensuelle ». Après la destruction de son système nerveux par un de ses employeurs, il survit désormais grâce à l’alcool et aux drogues et trempe dans plusieurs trafics d’organes et de matériel informatique. Alors qu’il s’apprête à franchir le point de non retour dans cette spirale d’autodestruction, il se voit offrir une nouvelle naissance : la possibilité de retourner dans la matrice « pour l’exultation désincarnée » qu’elle procure, « le corps, c’est de la viande ».

Neuromancien_La_Trilogie_Sprawl_tome_1

On retrouve dans ce livre les éléments et thématiques centraux du genre cyberpunk :

-place des nouvelles technologies en général et d’un réseau type internet (Neuromancien, je le rappelle, cela date de 1984, vraiment très en avance sur son temps là dessus).

-rapport entre ces nouvelles technologies et le charnel

-des entreprises omniprésentes et qui prennent le pas sur les pays

-monde sombre et individualiste à l’extrême

-réaction et opposition à cet ordre établi. A l’échelle d’individu et à l’échelle de groupes

-comment cette technologie d’aliénatrice peut devenir libératrice

-le personnage central est un anti-héros égoïste totalement adapté et fondu dans son univers qui se retrouve face à des puissances qui le dépassent.

Je l’ai déjà évoqué et c’est sûrement le cas pour pas mal de monde : Matrix a été ma porte d’entrée vers le cyberpunk. Je ne connaissais pas trop ce genre avant, ayant davantage été éduqué à une SF plus traditionnelle, d’Asimov à Van Vogt en passant par Mezière. Bref, comme beaucoup, Matrix a été une sacrée surprise dans laquelle on retrouve la plupart des éléments que j’ai évoqués plus haut. C’était un ovni dans la façon de filmer mais c’était surtout un ovni dans ce que ça filmait. Et je découvrais ce film et ce type d’univers, totalement surpris. C’était bardé de défaut mais l’originalité dépassait tout.

Bref, j’ai aimé sans adorer et c’est resté dans un coin de ma tête jusqu’à ce qui sera la seconde brique importante dans ma culture cyberpunk, la seconde édition du jeu de rôle du même nom : Cyberpunk 2020 (plus ancien que Matrix, certes, mais que j’ai découvert plus récemment).

JDR ORIFLAM CYBERPUNK 2NDED

Plus j’y pense et plus je me rend compte que Cyberpunk 2020 est vraiment un moment charnière pour moi. Tout d’abord parce que si j’avais déjà fait jouer à de nombreux jeux de rôles variés (du médiéval fantastique, du star wars, de l’horreur) et j’en avais testé pas mal d’autres (dont Shadowrun que j’évoquerai rapidement plus tard), là, c’est le tout premier jeu de rôle que je me suis acheté. Ce devait être en première. Et c’est le jeu de rôle que j’ai le plus fait jouer dans mes années de lycéen après l’avoir dévoré de nombreuses fois (et encore récemment).

Mais c’est aussi le côté politique du jeu qui m’avait marqué sans que je m’en rende compte. Le genre cyberpunk est nécessairement politique de part ses thèmes, de part son ambiance et de part l’univers qu’il développe. Après, chaque oeuvre et chaque lecteur en tire un peu ce qu’il veut et se positionne. Mais pour le lycéen que j’étais, en pleine politisation comme beaucoup de jeunes de cet age, cela a forcément eu une certaine influence que je découvre ce jeu à cette époque.

Cyberpunk 2020 est très classique sur son univers et reprend point par point les éléments classiques du cyberpunk. En tant que jeu, il est assez correct et j’en ai un plutôt bon souvenir. Il a toujours été mis face à son grand concurrent, Shadowrun, l’autre grand jeu de rôle cyberpunk, que j’ai toujours eu du mal à apprécier de part l’introduction de « race » méd-fan (elfes, nains, trolls) dans son univers, dénaturant, à mon sens, le genre cyberpunk.

D’autres oeuvres ont aussi eu leur importance dans la construction de ma connaissance du cyberpunk :

-les deux très bon anime Ghost in the shell. En attendant le film qui s’annonce malheureusement dramatique…

-La sous-estimée série Dark Angel qui ne doit pas juste être regardée pour Jessica Alba mais surtout pour la qualité de sa trame principale et pour son univers, très bien fichu.

-Le travail d’Enki Bilal qui a développé un univers très proche du cyberpunk qui se marie fort bien avec son style graphique.

Mais l’oeuvre qui a relancé mon intérêt pour ce genre c’est la génialissime (vraiment) BD Transmetropolitan. Cela me permet d’ailleurs d’aborder le post-cyberpunk, sorte de fils légitime du cyberpunk avec quelques différences :

-nouvelles technologies plus réalistes

-personnages moins négatifs et plus porté sur l’amélioration de la société que sur son propre sort.

-le développement de la biotechnologie et du transhumanisme

La frontière me semble relativement floue mais c’est logique étant donné que les œuvres ne se positionnent ni comme cyberpunk ni comme post-cyberpunk mais davantage sur une échelle entre les deux. On peut d’ailleurs voir le post-cyberpunk comme une évolution logique du genre originel, plus adapté à l’esprit de l’époque et à l’évolution des technologies.

Transmetropolitan c’est donc un excellent comic postcyberpunk (et un des meilleurs trucs que j’ai lu en BD) où l’on suit un journaliste politique et sociétal aux méthodes d’actions pour le moins invasives. On retrouve là aussi le positionnement politique du cyberpunk ainsi qu’une grand partie des éléments indispensables de ce genre.

spider_jerusalem

Tant qu’à parler de post-cyberpunk et de transhumanisme, cela me ramène à la suite de Cyberpunk 2020 : Cyberpunk 3.0. Et effectivement, ce jeu suit la logique du genre en général, en transformant son univers et en prenant totalement le tournant du post-cyberpunk et du transhumanisme, proposant un monde organisé par « altercultures » ayant chacune ses spécificités culturelles et s’opposant pour des territoires ou des raisons politiques et idéologiques. J’ai peu joué à cette version mais c’est plein de bonnes idées et l’univers est assez bien construit.

Depuis cela, j’avais vraiment l’impression que le vrai cyberpunk  avait perdu du nerf, ne le rencontrant plus nulle part sauf en toile de fond dans les trois films de Neil Blomkamp, District 9, Elysium et visiblement Chappie (que je n’ai pas encore vu).

elysium

Voilà ce que j’aurai eu à dire sur le cyberpunk il y a quelques mois. Et ces derniers temps, je me suis pris une salve d’actualités qui m’ont fait retrouver cet univers. Jugez plutôt :

Mr. Robot, une très bonne série suivant un jeune anti-héros informaticien qui rejoint un groupe de hacker pour détruire une grosse entreprise du nom d’Evil Corporation. Ce n’est certes pas du cyberpunk mais on retrouve tout à fait ce type d’ambiance ainsi que la place centrale de la lutte contre des mégacorporations. La bonne série de ce début d’année, vraiment.

mr_robot_fuck_society

Section Zéro, la prochaine série d’Olivier Marchal dont voici le synopsis : « En 2024, dans un monde dirigé par des multinationales, l’agrégat Prométhée veut généraliser les Black Squad, des policiers robotisés. Face à ce projet qui cache une armée militaire de conquête, l’agent Sirius veut résister en dirigeant la Section Zéro, un groupe d’élite où tous les moyens sont permis même les plus illégaux. » On retrouve là par contre de nombreux éléments de cyberpunk. A voir ce que cela va donner mais je suis impatient.

-Les Implant Party où l’on se fait greffer des puces sous-cutanée.

-Le développement de tenues anti-surveillance pour ne pas se faire repérer par les drones ou les caméras de surveillances.

-De nombreux articles sur le transhumanisme, comme par exemple cette émission sur France-Inter.

Voilà, avec tout ça qui s’enchaîne, cela me semblait intéressant de faire ce petit point et de réfléchir un peu sur tout cela. Et au final, j’ai l’impression que plus que disparu, le Cyberpunk s’est diffusé et dillué et que l’on rencontre certains de ses éléments, points par points, dans différentes oeuvres culturelles ou dans l’actualité technologique.

C’est peut-être le moment de relire Neuromancien, non?

Un petit mot de mon cyberpunk