Orestau : Voici venu le temps

Un petit restau d’Orléans qu’on aime bien.

Voici venu le temps, 5 rue de la Cerche, un peu au dessus de la place du Martroi.

Alors, c’est un lieu qui se présente comme un « Néo-bistrot » proposant une cuisine de produits locaux et essentiellement bio.

Un exemple de carte.
Un exemple de carte.

J’avoue que cette présentation m’intriguait plus qu’elle m’attirait mais que les photographies de plats qu’ils postaient sur facebook sont très alléchantes (et un peu dures à supporter tant elles peuvent faire envie).

Du coup on a essayé. Puis on y est retourné. Et on y retournera.

Voici venu le temps propose une carte assez courte mais qui change très souvent pour s’adapter aux arrivages et pour varier les plaisirs. Et à chaque fois, j’ai hésité entre plusieurs plats. Le choix est donc très dur mais vu que la qualité est là à chaque fois, on est forcément satisfait. En effet, au niveau goût, c’est du très bon, surtout pour ce prix là. Un rapport qualité/prix plus que satisfaisant. Les portions peuvent sembler un peu petites mais franchement, cela nous a toujours suffit. Merci la qualité? En tout cas, elle est présente tout au long du repas, entrée, plat, fromage et dessert. Et les conseils vins pour accompagner cela que nous avons eu nous ont convenu à chaque fois.

Un bon point supplémentaire pour l’assiette végétale. Ce n’est pas du tout mon truc et jamais vous ne me verrez envisager de prendre cela. Et lorsque mon épouse en a pris une, j’ai été impressionné par la taille et le goût de cette assiette. Je l’ai presque enviée… Bon, j’avais pris des ris de veau donc je ne pouvais pas me plaindre!

C'est bon, hein ma coloc?
C’est bon, hein ma coloc?

Bref, on valide et on y retourne !

Orestau : Voici venu le temps

Underbelly, la mafia au pays des kangourous !

Underbelly, qu’est ce que c’est que ce truc?

C’est une série australienne reprennant lors de chacune de ses saisons une des périodes importantes du grand banditisme local. D’une saison à l’autre, le casting est donc essentiellement renouvellé à l’exeption de certains personnages qui traînent ainsi leur ombre sur le milieu pendant de très longues périodes. Chaque histoire se base sur des faits réels qui restent inconnus pour nous.

Et niveau contenu, c’est une sorte de mélange entre Banshee (le coté raccoleur et brutal) et The Wire (la description d’un lieu/moment et d’une galerie de personnages)

Je reviens ici sur les deux premières saisons.

Lennie et George, toujours là.
Lennie et George, toujours là.

La première saison revient sur la guerre des gangs de Melbourne entre 1995 et 2004. Sur fond de lutte pour le contrôle du trafic de drogue, nous assistons à la fin de la famille Moran et du Carlton Crew, petit à petit remplacé par Carl Williams. Saison particulièrement mortelle, au body count très élevé.

La principale force de cette première saison, c’est sa peinture d’une époque finalement assez large. On sent bien l’évolution de la situation générale comme celle des différents protagonistes. Ceci est soutenu par un scénario très solide et très rythmé (d’un coté, faire tenir 9 ans en 1 saison, on voit beaucoup de choses…). Enfin, la galerie de personnage est extraordinaire. C’est vrai pour les personnages principaux mais surtout pour les nombreux seconds rôles qui les entourent. Mention spéciale à Alphonse Gangitano et aux hommes de main de Carl Williams, de bon gros tarés…

Par contre, on peut regretter une réalisation assez limité. On croise un ensemble de transitions assez étranges, de choix discutables et de plans racoleurs (violents comme sexuels) que l’on sent clairement forcés. Bref, ya des progrès à faire là-dessus. Par ailleurs, tout l’arc de la police semble assez artificiel et pas au niveau de ce qui est accompli sur les truands. Dommage.

Bref, une très bonne première saison malheureusement un peu desservie par quelques défauts.

Alphonse et ses potes. Timbré numéro 1.
Alphonse et ses potes. Timbré numéro 1.

La seconde saison revient sur le développement, dans les années 70, du commerce d’héroïne sur l’île à travers l’association d’un mafieux d’origine italienne, Robert « Bob » Trimbole et d’un jeune loup néo-z, Terry Clark. Bref, on a un changement d’époque. D’une mafia classique, on se retrouve face à une bande de hippies. Pas forcément si gentils d’ailleurs. Et on assiste ainsi à une description de la situation criminelle originelle puis à la fin d’un certain grand banditisme pour laisser place au règne du trafic d’héroïne.

On retrouve les mêmes points forts, adaptés à un autre milieu. La galerie de personnage est encore quelques bons crans au dessus, entre une tête brulée totalement folle, la fausse cruche blonde qui prend peu à peu du grade avant de se faire prendre, abandonner et de revenir vengeresse, le charismatique magnat des courses qui gère tout en sous main et surtout Aussie Bob. Le petit gros qui paye pas de mine et que l’on sent sans charisme. Et qui sera finalement et haut la main le meilleur personnage de ces deux premières saisons. Réellement touchant et impressionnant ce perso… Par contre, ce qui change, c’est la description de la police qui est là au centre de l’intrigue et qui est une vraie réussite. Les forces de l’ordre sont ici opposées entre deux camps. Les agents de l’Etat, un groupe de ripoux totalement corrompus face à une police du Commonwealth honnête.

Par contre, les défauts de réalisation sont toujours là et la voix-off qui se justifiait bien dans la première saison semble ici un peu hors de propos…

Bref, une saison 2 encore meilleure qui corrige un de ses défauts et, surtout, renforce encore ses points forts !

Chris, timbré numéro 2 et sosie de Jim Carrey à ses heures perdues.
Chris, timbré numéro 2 et sosie de Jim Carrey à ses heures perdues.

En attendant, moi je suis sur la saison 3 et franchement, je la trouve clairement au dessus des deux premières. Du bonheur.

Underbelly, la mafia au pays des kangourous !

Utopia, une série radicale…

La saison 2 d’Utopia s’est achevée ! Et visiblement une saison 3 est sur les rails. Un retour sur cette série me semblait utile…

Utopia est une série télévisée diffusée sur Channel 4. Le pitch qu’on trouve partout en révèle finalement bien peu :

« Utopia » est une bande-dessinée légendaire sur laquelle plane le mystère. Mais quand Ian, Becky, Grant et Wilson, un petit groupe de personnes qui n’avaient jusqu’alors aucun lien, se retrouvent chacun en possession d’un exemplaire original du manuscrit, leurs vies basculent soudainement et brutalement. Immédiatement pris pour cible par une impitoyable organisation meurtrière connue sous le nom du Network, les membres du groupe, terrifiés, n’ont plus qu’une seule solution s’ils veulent survivre : courir !

Utopia-2

En fait, nous sommes face à une série à thématique conspirationiste avec un scénario ambitieux et très riche cherchant à développer une assez grosse galerie de personnages généralement extrémement archétypaux mais le moins du monde manichéistes.

Pour arriver à développer ce projet scénaristique tout au long de la saison 1, l’équipe ayant réalisé Utopia décide de suivre un parti pris à la fois au niveau de l’image (une photographie extrémement colorée et faisant la part belle aux grands espaces) et du son (une musique obsédante et une phrase « Where Is Jessica Hyde ? » qui revient inlassablement ). Cette optique est respectée tout au long de la saison et la série s’y tient avec un extrémisme artistique très plaisant. Tout ceci renforce, à mon sens, la thématique conspirationniste et on a clairement une forme en adéquation avec le fond.

Le casting est solide, que cela soit les nombreuses nouvelles têtes (en particulier Neil Maskell), une tête connue fiable (Stephen Rea )et une bonne surprise (Nathan Stewart-Jarrett que j’ai trouvé bien meilleur que pour son rôle de Curtis dans Misfits). Attention par contre, la série est particulièrement violente mais celle-ci n’est jamais gratuite et elle sert toujours le récit.

Ainsi, nous sommes face à une saison très courte (6 épisodes) et de qualité, avec de nombreux rebondissements (peut-être un peu trop?). Le tout premier épisode, pour la surprise et la déclaration d’intention, est quand même un bon cran au dessus. Le reste varie entre le solide et le très bon, avec un final soigné.

utopia-3

La saison 1 d’Utopia finie, je m’attendais à ce que cela s’arrète là. Nous avions un tout cohérent, de très bonne qualité avec une intrigue centrale close. Certe, il restait des zones d’ombres. Mais je n’attendais pas une suite. Lorsque celle-ci a été annoncé, j’ai eu un peu peur. Que la qualité tombe, que l’intrigue s’essoufle. Bref que ce soit une saison ratée et que cette suite vienne me gâcher l’ensemble.

Et finalement la saison 2 est réussie. La qualité est, à mon sens, un peu en dessous de celle de la 1 mais cela reste très bon. Après, la surprise était forcément moins présente vu que l’on avait pu s’habituer au style.

Les points positifs sont toujours là, ce scénario, ce rythme, ce casting (renforcé par la présence de Rose Leslie dans un épisode), ce son et ces choix de visuels. Bref, c’est une bonne suite qui prolonge bien la première saison tout en développant d’autres pistes et d’autres pans de l’histoire. Je me demande d’ailleurs si le plus grand succès d’Utopia n’est justement pas là, avoir réussi à sauvegarder sa qualité initiale…

roseL

Maintenant, une saison 3 est en préparation. Néanmoins, j’ai encore les même doutes qu’entre les saisons 1 et 2. Comment arriver à relancer la machine et à conserver cette qualité? En tout cas je suivrai le projet, c’est certain ! Et pendant ce temps-là, aux Etats-Unis, David Fincher se penche sur un remake (toujours en série) d’Utopia…

PS : The Salvation 3,5/6

Utopia, une série radicale…

Steampunk !!!

Au cours de mes vacances dans les arbres, j’ai lu La Bible Steampunk écrit par Jeff Vandermeer et S.J. Chambers. Me voilà donc de retour pour vous la présenter !

Steampunk_Bible

J’ai avant tout acheté ce livre quand j’ai vu son auteur principal : Jeff Vandermeer. C’est à dire le type qui a écrit La Cité des Saints et des Fous, un des romans les plus barges et obsédants que j’ai pu lire. Il s’agit de la description d’une ville fantastique, Ambregris, à travers 17 écrits différents (on y trouve nottament un long récit d’amour, une nouvelles d’horreur, un pseudo précis historique, un essai cryptozoologistes sur les calmars royaux, de la poésie, des illustrations, un glossaire et un texte cryptée). Le tout forme un ensemble tentaculaire et crée une ville à la fois originale et cohérente. Bref, un livre qui marque et sur lequel on revient. Malheureusement c’était le seul écrit par Vandermeer a avoir été traduit en français et vous imaginez ma curiosité lorsque sa Bible Steampunk est sortie en France !

cité

Cette Bible Steampunk, de quoi s’agit-il finalement ?

C’est un ouvrage documentaire retraçant l’histoire du steampunk, des origines aux auteurs, artisans et artistes qui se positionnent aujourd’hui dans ce genre.

Je pense qu’il me faut maintenant faire un petit détour et présenter succintement le steampunk. Littéralement, cela veut dire « punk à vapeur ». Et en vérité, cela se réfère plus à un imaginaire généralement relié à la Science-Fiction et à l’Aventure (bien que des incursions vers le policier ou vers le western existent aussi). Historiquement, les époques victoriennes et édouardiennes (Royaume-Uni 1837-1910) sont les principales sources d’inspirations des oeuvres steampunks que cela soit dans le style (vestimentaire en particulier) ou dans l’organisation sociétale cloisonnée et rigide. On se trouve ainsi face à un environnement semblable au monde industriel du XIXè siècle avec une grande importance de la science et de la technologie, en général basée sur la maîtrise de la vapeur.

Le genre du steampunk a été fondé dans les années 1980 par trois auteurs américains, K. W. Jeter, Tim Powers et James Blaylock. Au centre de leurs inspirations (et de celles de tout le mouvement par la suite) : Jules Vernes et H.G. Wells.

Parmi les oeuvres récentes les plus connues se rapportant au steampunk, on peut notamment citer Wild Wild West, Le Château ambulant, Hellboy, Hugo Cabret, La Ligue des gentlemen extraordinaire, La Brigade chimérique ou encore Fullmetal Alchemist.

http://www.lesmachines-nantes.fr/
Une réalisation Steampunk à Nantes

Dans leur livre, Jeff Vandermeer et S. J. Chambers reprennent l’historique du steampuk depuis l’origine, Wells et Vernes. Mais ils y associent aussi Edgar Allan Poe et sont assez convaincant là dessus. Ils passent ensuite au trio K. W. Jeter, Tim Powers et James Blaylock puis aux autres auteurs ayant suivant leurs traces. Une fois les origines reprises, la Bible Steampunk aborde les différents domaines où le mouvement steampunk est actif aujourd’hui : fiction (littérature, télévision, cinéma), fabrication (le bricolage et le « fait-main » sont indissociables du steampunk et de son état d’esprit), mode, musique mais aussi la philosophie qui inspire le mouvement.

Au final, c’est un ouvrage totalement réussi à mon sens. Il parvient en effet à tracer un véritable portrait de ce mouvement, à travers son histoire et son présent mais évoque aussi ses avenirs potentiels. La description est très large et certaines parties vous intéresseront plus que d’autres selon préoccupation (personnellement, les sections mode et musique ne m’ont guère enthousiasmées). Enfin, visuellement l’ouvrage est très beau, regorgeant de magnifiques illustrations et photographies.

Le Nautilus, d'après Alan Moore et Kevin O'Neill.
Le Nautilus, d’après Alan Moore et Kevin O’Neill.

Bref, une bonne lecture que je ne peux que vous conseiller !

Steampunk !!!